Le Portail Internet de la Vésubie - Le Portail Internet de la Vésubie

vendredi 14 novembre 2014

LE SOLDAT INCONNU (M-F Mellone)

LE SOLDAT INCONNU


Qui est celui qui dort sous le sol de Paris,
Que l’on couvre de fleurs au quatorze juillet,
Celui qui résista quand d’autres s’enfuyaient,
Celui qui pour la France a fait don de sa vie ?

Qui donc est l’inconnu de cette Grande Guerre,
Qui laissa dans les cœurs des morsures amères,
Qui faucha tant de fils, de maris et de pères
Dont le sang répandu a meurtri cette terre ?

Sur quels champs de bataille a-t-il connu l’enfer
Des obus meurtriers qui semaient la douleur ?
Où sont les compagnons qui partageaient sa peur,
Tapis dans la tranchée ou à la mort offerts ?

Etait-il général ou bien simple soldat,
Enfant de métropole ou de ses colonies,
Otages de l’empire et de ses avanies,
De ceux que l’on commande et ne se soucie pas ?

Je l’ai voulu héros, c’était peut-être un lâche,
Paradant à l’arrière, un planqué, comme on dit.
Cela reste un secret, la mort un interdit,
Son tombeau est sacré, qu’il demeure sans tache.

Marie-France Mellone

mardi 4 novembre 2014

De quatorze à quatorze

De quatorze à quatorze 

Sur le chemin des Dames, ils n’en ont pas croisées,
Partis fleur au fusil vers la victoire, ce fut la mitraille, les gaz et les barbelés,
Les obus, les éclairs dans la nuit et l’odeur âcre de la boue gorgée et puante,
La peur au ventre et le froid saisissant, chair à canon innocente et tremblante.
 
Et sur la cheminée, dans son cadre en laiton, la photo sépia, presque effacée,
 
De mon grand-père, moustache en croc de poilu, un peu guindé.Dans les forêts sombres des Ardennes et leurs pièges mortels, pleins de rancœur,

La « Der des Der », abandonnés des grands, enfants de la débâcle, du déshonneur,
L’exode en guenilles sur les routes de France, la famine, le sang et les larmes,
La honte dans les yeux mais l’espoir aux entrailles, clandestins et frères d’armes.
Et sur la cheminée, cette photo jaunie de mon père et son chien,
 
Si fier, à côté de grand-père, pourtant si près, pourtant si loin.Puis le djébel aride aux rocailles brûlantes, sous un soleil de plomb qui vous dessèche l’âme,

Un conflit dont ils ignoraient presque tout, dans l’air vibrant, suffocant, chargé de drame,
Près des fermes hostiles aux volets barricadés, purs juvéniles, vingt ans dans ces Aurès,
Jeunesse sacrifiée souriant quand même, portant dans ses yeux un monceau de promesses.
Et sur la cheminée, la photo noir et blanc, craquelée des larmes de ma mère, A côté de mon père, faisant face à grand-père, le regard lumineux de mes deux frères.

Colette Martin

mercredi 12 mars 2014


Ecoutez local !!
Radio vallée sur 100.9 FM émet sur la Vésubie, du Suquet à Saint Martin Vésubie en passant par Lantosque, Roquebillière, La Bollène Vésubie et Belvédère.

Pour écouter la radio sur Internet : Cliquez  >>  ECOUTER RADIO VALLEE